Introduction

L’objectif de ce chantier était d’offrir une situation de création artistique impliquant un dialogue entre un compositeur, un musicien et un metteur en scène pour mettre en musique des films muets de la cinéaste allemande Lotte Reiniger dans la tradition spectaculaire du ciné-concert.

L’objet de la création était de travailler sur 3 courts métrages de la cinéaste :
Cindirella : durée 11’30
Der Graf von Carabas : 13’
Jack and the beanstalk : 13’
La particularité de deux premiers court-métrages est d’être des films d’animation à partir de silhouettes découpées dans du papier et placées sur un fond clair. Le 3ème film recourrait à la même technique mais avec des silhouettes en couleurs.

Environnement de travail - relation son et images

Le compositeur, Tom Mays, a travaillé à partir de l’environnement logiciel Tapemovie et d’un tracking caméra pour contrôler son environnement musical.
Le musicien saxophoniste était amplifié, et le son du saxophone était retravaillé en temps réel par le compositeur.

En introduction, et en interlude entre chaque film, une transition musicale était improvisée autour d’un jeu du saxophoniste avec son ombre, en écho aux histoires des silhouettes noires des films d’animation. Un projecteur infrarouge permettait d’obtenir une ombre invisible à l’œil nu du musicien sur un mur en fond de salle ou sur l’écran de projection. Cette ombre était capturée par une caméra équipée d’un filtre infrarouge, et donc insensible aux images vidéos. L’image obtenue était travaillée en temps réel avec le logiciel Tapemovie et projetée sur l’écran.
Le compositeur contrôlait le déroulement de l’enchaînement vidéo à partir de son environnement de composition musicale.

Le compositeur et le saxophoniste étaient placés de part et d’autre de l’écran projection, dans une position leur permettant de suivre les péripéties des histoires.

Le travail a donné lieu à l’écriture d’une partition de 45 mn impliquant un travail d’écriture de canevas musicaux interprétés en live en suivant l’action des personnages, dans la tradition d’improvisation du ciné-concert. Les canevas devaient suivre une trame narrative préécrite en dialogue avec un metteur en scène tout en offrant une part de liberté pour donner vie aux personnages. La trame narrative était soit contrainte temporellement par le déroulement du film soit libre dans les interludes.

Résultats

L’interprétation de l’environnement musical a nécessité un portage des instruments virtuels dans l’environnement logiciel Tapemovie afin de faciliter le contrôle de la vidéo et surtout d’obtenir une formalisation du travail d’écriture pilotable par le séquenceur Virage. Le portage des instruments virtuels dans Tapemovie a contribué à la structuration de Tapemovie et à la rédaction du cahier des charges du séquenceur Virage.

Perspectives

Une seconde phase de travail est prévue en fin de projet afin de porter la conduite de ce chantier de création dans le séquenceur Virage, dans la mesure des possibilités techniques offertes par le chantier de développement du Séquenceur.