Les outils : état-de-l'art

Outils et pratiques du sonore dans le spectacle vivant
Groupe de travail interdisciplinaire | Association Française d'Informatique Musicale

Les outils 2- état-de-l'art :


Il apparait des réflexions précédentes qu'une telle pratique requiert des outils spécifiques, qui ne sont pas encore aboutis pour l'instant, voire n’existent pas.
Nous avons donc établi un tour d'horizon des logiciels et environnements audio utilisés dans le spectacle vivant. Ils se divisent en deux grands groupes : les logiciels commerciaux, fixés, et les environnements évolutifs.

Logiciels


- Dans le premier groupe, on pourrait citer comme le plus efficace et plus répandu le logiciel Live d'Ableton, dont la popularité croissante montre bien la pertinence dans le traitement en direct du sonore. Il semble cependant que, si ce logiciel est idéal pour le déclenchement de séquences sonores et dans une certaine mesure pour le traitement en direct, il montre assez rapidement ses limites dès lors que l'on cherche à mettre en oeuvre des dispositifs complexes de génération sonore ou d'interaction, par son absence de système sophistiqué de mapping et son utilisation exclusive du protocole MIDI.
À noter qu'à l'origine, le logiciel Live a été prototypé dans Max/MSP, puis ensuite refondu en C pour des raisons de performances.
- Il existe également plusieurs logiciels dédiés à la conduite sonore pour le spectacle vivant et destinés à un public de régisseurs : du plus simple au plus complexe : cricketsound, SeqCon, CueStation, Séquenceur Histoires.
Tous ces logiciels ont des qualités certaines, présentent une très bonne fiabilité et sont particulièrement adaptés pour une régie "classique" de théâtre, consistant en un enchaînement de séquences déclenchées par des cues successifs correspondant à des événements du plateau.
Ils montrent cependant très rapidement leurs limites lorsque l'on veut employer des dispositifs interactifs ou génératifs, que ce soient des processus ad hoc de génération sonore algorithmique, ou bien des interactions avec le plateau par caméra ou capteurs, ou encore des modes d'interfaçage alternatifs à la console MIDI.
- Jade serait peut-être le logiciel le plus adapté aux besoins définis plus haut. En effet, ce logiciel, développé sous Max/MSP, fonctionne avec une librairie de modules standard, à laquelle peuvent s'ajouter des modules développés par les utilisateurs. Il permet un accès configurable à tous les paramètres et des mappings assez précis. Cependant, la gestion des événements (cues) est un peu lourde à programmer, puisque basée entièrement sur un langage de script. De plus, il n'est plus maintenu.
Par contre, son architecture et ses éléments de base ont été refondus et "open-sourcés", donnant ainsi naissance au projet Jamoma, dont nous reparlerons plus bas.

Environnements


- Environnements modulaires "bas-niveau" : Max/MSP/Jitter et Pure Data. À notre connaissance, la plupart des productions professionnelles impliquant des processus génératifs et interactifs ont été développés dans ces environnements, dont la caractéristique principale est de permettre à-peu-près tout type d'interaction ou de relation entre un medium et un autre. La contrepartie de cette ouverture est le temps nécessaire au développement du moindre processus, et la tendance à une spécificité d’écriture qui rend difficile la réutilisation de processus génériques que l’on retrouve souvent d’un projet à l’autre.
- Un certain nombre d'environnements modulaires de plus haut niveau, donc plus simples et plus rapides à mettre en oeuvre, sont disponibles sur le marché : Plogue Bidule, AudioMulch, Usine, Processing.
Tous ont leurs particularités, points faibles et points forts, mais sont généralement orientés vers la production musicale expérimentale ou électronique, et montrent rapidement leurs limites lorsqu'il s'agit d'écrire l'interaction dans le temps et avec le plateau, ou de construire des conduites fiables.
- Enfin, les environnements développés dans Max ou Pure-data, dont on trouve pléthore de réalisations sur le web : UBC Toolbox, Theater Max, Quintet.net, MaWe, Roseß, MPTools, lloop.
- Sans oublier ceux développés par les membres du groupe de travail Peralvino, Z, TAPE (Tom Mays) et l'environnement de Mathieu Chamagne
Ici, de même, chacune de ces réalisations a ses spécificités, ses qualités et ses défauts, mais aucune d'entre elles ne peut prétendre, en l'état, à devenir un outil fiable et performant pour la création sonore pour le spectacle vivant. On constate en effet, pour quasiment tous ces environnements, un manque de généricité, une absence de protocole de communication avec l'extérieur du système et/ou un mode d'utilisation assez cryptique et éminemment personnel, puisque généralement lié à la pratique singulière du développeur.

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